Témoignage : Mohammed, un petit garçon innocent :
Fin février, l’armée israélienne a intensifié les attaques sur Gaza, sur le camp de Jabaliya en particulier,
et a lancé une opération militaire massive qui a causé plus de 120 morts dont la plupart étaient des civils
et des enfants. Avant l’intensification des attaques, Mohammed Hamouda, 11 ans, jouait au football avec
ses petits voisins après être rentré de l’école. Malgré la situation d’insécurité, Mohammed voulait
continuer de jouer comme n’importe quel autre enfant et avoir un peu de liberté. C’est à ce moment
qu’un missile israélien a frappé…Mohammed n’y a pas survécu. Sa soeur, Malak, se trouvait
exactement à un mètre de l’endroit où son frère fut tué. Elle raconte : « Mohammed a été tué ici…
il est au paradis maintenant, je voudrais le voir mais je ne peux pas ». Tout comme Malak et les siens,
plus de 100 familles de Jabaliya ont bénéficié du soutien du Secours Islamique.

Mohamed El Attar, habitant de la Bande de Gaza.
Mohamed El Attar a une lourde responsabilité sur ses épaules. Père de 10 enfants, il vit avec sa famille
à Baith Lahia, au nord de la bande de Gaza. « Tous mes enfants sont encore jeunes… Ils mangent,
ils boivent, et ils ont des besoins spécifiques que je ne peux satisfaire ». « Je n’ai pas de travail »
ajoute Mohamed. « J’étais ouvrier dans le bâtiment et je travaillais à l’intérieur de la Ligne verte (Israël).
Mais depuis 6 ans, j’ai perdu mon emploi. Tout ce qui me restait, c’était une petite parcelle de terre
que je labourais. Maintenant, je n’ai plus rien… » En effet, le petit bout de terre que possédait
Mohamed a été détruit par un bulldozer de l’armée israélienne. Comme il s’agissait de la seule source
de revenu de la famille, Mohamed et les siens se retrouvent complètement démunis.

Tarik Laangry, chargé de mission en Palestine :
« Les difficultés sont énormes à Gaza, indépendamment de l’aide qui peut être envoyée.
Nous continuons à sensibiliser et à récolter des dons pour soulager au maximum les populations
en Palestine qu’elles soient à Gaza ou en Cisjordanie. On va retrouver cette campagne tout au long
de l’année. Je pense que tant que cette situation persistera, on sera amené à en parler régulièrement
même si malheureusement il y a un risque de banalisation. Il faut trouver l’équilibre entre le rappel
et la lassitude ou plus grave : l’habitude du malheur. Quand un malheur dure dans une région cela
devient « naturel », on ne fait même plus l’effort d’y penser. »